Ce que pense Marcel... du film l'ennemi intime

L’histoire façon Hollywood
 
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En tant qu’amateur de film de guerre Marcel attendait avec impatience la sorti du nouveau film de Florent Emilio Siri, réalisateur de « nid de guêpes. » Car cette fois ci il était aux manettes d’un film à gros budget revenant sur la guerre d’Algérie. L’idée pouvait séduire, du moins elle avait séduit Marcel...

Si Indigènes avait eu un certain succès pourquoi L’ennemi intime ne jouirait pas à son tour d’un succès public et critique ? Hormis un séquençage hasardeux du film et une fin à la « il faut sauver le soldat Ryan », Indigène était un film fort plaisant ou du moins à fort potentiel émotionnel. Qu’en est-il de L’ennemi intime ?
La mise en parallèle de l’Ennemi intime et d’Indigènes n’est ici pas fortuite. Sans même visionner le film on sait déjà à quoi s’attendre. Siri fera un film d’action avant tout, s’essayant une nouvelle fois à créer un style de film d’action à la française mais sur un modèle américain. Il sera aidé en cela par deux spécialistes des films à haute teneur en testostérone : Albert Dupontel et Benoit Magimel. Le visionnage du film ne nous fait pas mentir : c’est un film d’action. Cette fois pas de demi mesure comme avec le dernier phénomène du festival de Cannes. On patauge dans la guéguerre de la scène d’intro au clap final. Est-ce un mal ?
Si on y réfléchit le film met en exergue la torture, la complexité de la situation en Algérie à cette époque tout en rendant ce spectacle « agréable » et visionable par le vulgum pecus. D’ailleurs paradoxalement cet angle de film d’action choisi Siri rend possible une peinture relativement honnête des évènements d’Algérie. Le réalisateur ne prend pas position. Il met à l’écran les atrocités commises dans chacun des camps. 

18779785-w434-h-q80.jpgPourtant Siri ne réussi ni le parfait film d’action, ni le film historique réellement. Malgré le bruit des balles sifflant tout autour de nous qui manqua de provoquer une crise cardiaque au petit cœur de Marcel, on n’arrive pas à apprécier ce film de guerre comme on avait apprécié celui de Spielberg. D’un autre côté la récurrence des scènes de torture ne nous permet pas d’avoir les idées claires à la fin du film. On ne peut réfléchir à ce passé peu glorieux de la France à la sortie de la salle sans que des flash back d’images crues ne remontent à la surface (si tant est que le film ait eu pour vocation de nous faire réfléchir.)
 
Reste un film émaillé de quelques scènes bien orchestrées. On retiendra celle du bombardement au napalm ou celle de l’apparition du comique Fellag qui apporte une certaine mélancolie, une réflexion sur la guerre qui rappelle la Ligne rouge. On n’oubliera pas non plus un Dupontel toujours de bonne facture qui campe ici un soldat aguerri torturé par les actes qu’il a commis et le monde qui l’entour.
Resteront aussi des questions d’ordre plus générales. Siri avait déjà répondu par l’affirmative via son précédent film à celle de savoir si l’on pouvait faire des films d’action à la française. Mais l’on peut néanmoins se demander si ce traitement hollywoodien est applicable à  des sujets aussi graves. Comme on peut se demander pourquoi les cinéastes français cherchent toujours une voie entre film de guerre d’action ou film de guerre contemplatif. Alors que quelques virtuoses américains du genre y sont arrivés comme Terrence Malick avec sa Ligne rouge, de mémoire, personne en France hormis peut-être notre champion national du film de guerre Pierre Schoendoerffer n’a réussi le mélange d’action et de force émotionnelle nécessaire à un grand film de guerre. 18783368-w434-h-q80.jpg

 

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